Mais la neige n'avait pas dit son dernier mot.
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vendredi 26 mars 2010
Tempête de neige 22 mars
Deux jours plus tôt, à Québec, on fêtait trois semaines de beau temps quasi parfait.


Mais la neige n'avait pas dit son dernier mot.

Mais la neige n'avait pas dit son dernier mot.
jeudi 31 décembre 2009
Les gens n'aiment plus l'hiver I
La Mère :
Les soirées d'hiver
C'était donc tranquille
Tout ce qu'y avait à faire
C'était de s'asseoir
Pour écouter la grosse truie
Qui ronflait
Qui nous réchauffait.
L'hiver a toujours été
Ce que j'ai préféré.
Médéric : On gelait ! Maudi torvisse, on gelait ! Debout dans la neige jusqu'à la ceinture à essayer de défricher ce maudit terrain. Le vent soufflait pour nous geler les narines pis les sourcils. Y avait des gars qui étaient trop fiers pour dire qu'y avaient frette. Des fois y en tombaient malade, assez malade qu'y revenaient jamais !
A. Paiement, La vie et les temps de Médéric Boileau
Les soirées d'hiver
C'était donc tranquille
Tout ce qu'y avait à faire
C'était de s'asseoir
Pour écouter la grosse truie
Qui ronflait
Qui nous réchauffait.
L'hiver a toujours été
Ce que j'ai préféré.
Médéric : On gelait ! Maudi torvisse, on gelait ! Debout dans la neige jusqu'à la ceinture à essayer de défricher ce maudit terrain. Le vent soufflait pour nous geler les narines pis les sourcils. Y avait des gars qui étaient trop fiers pour dire qu'y avaient frette. Des fois y en tombaient malade, assez malade qu'y revenaient jamais !
A. Paiement, La vie et les temps de Médéric Boileau
mercredi 9 décembre 2009
Première tempête de neige
Dimanche dernier, c’était encore une dépression en développement au-dessus d’un Colorado lointain, mais dont on prévoyait déjà qu’elle serait poussée par les vents du sud, et que, s’acheminant ainsi vers l’est du Canada, elle prendrait de contrées en contrées davantage de puissance, pour en atteindre le dernier seuil à l’abord des régions de Montréal et de Québec. Tant attendue, tant redoutée, la voici, la tempête de neige, la première de l’hiver, et la fin de l’automne ! Et jamais je n’ai suivi d’aussi près un phénomène météorologique.
Proust – comme nous ne sommes pas à la Réunion et qu’il y a des plaisirs qu’on manque à ne pas avoir de cyclones, nous aurons bel et bien la fantaisie de nommer nos tempêtes de neige – a le mérite d’avoir été ponctuel, comme en effet on l’annonçait pour aujourd’hui et qu’il n’y a pas manqué ; sa venue fut d’autant plus théâtrale que les jours précédents avaient été calmes et lumineux.
7h30.
J’ouvre les rideaux : le ciel est gris, le vent semble assez fort, mais pas tant que ça. Le petit « météo média » en bas de l’écran de l’ordinateur indique qu’il fait -7° et qu’il tombe une « faible neige », ce qui est tout à fait faux, et d’ailleurs je m’offusque. Je m’en vais m’enfermer dans un amphithéâtre pour un examen.
8h30.
Le professeur de linguistique, dont la neige, en trente-trois ans de carrière, n’a jamais interrompu le moindre cours, arbore un grand sourire de vainqueur et distribue ses copies. « La tempête, c’est après mon cours, mais jamais pendant. »
10h00.
Je sors de mon examen en espérant découvrir, à travers la première fenêtre venue (mon amphithéâtre n’en avait pas) un gros tapis blanc et des gens emportés par les vents furieux ; mais, comme on s’en doute, il n’y avait rien à cette heure. Je sors, je note le bruit sec que font les feuilles mortes qui roulent sur le sol gelé, et les gens qui parlent ou jurent à propos d’une tempête qui doit s’être attardée dans une boutique-souvenirs à Montréal. Je vais à la bibliothèque.
Vers 12h40.
Deux ou trois flocons, puis rien ; et puis, deux ou trois à nouveau, mais suivis cette fois, et bientôt la musique se fait plus régulière, il commence à neiger, et de plus en plus fort.
Plus tard.
Le vent est trop vif et le sol trop sec pour que la neige s’y accroche, les dépôts sont ainsi balayés et font de petites brumes affolées au-dessus du sol, lesquelles donneront bientôt la « poudrerie » dont le tocsin sonne depuis ce matin sur météo média.
Proust – comme nous ne sommes pas à la Réunion et qu’il y a des plaisirs qu’on manque à ne pas avoir de cyclones, nous aurons bel et bien la fantaisie de nommer nos tempêtes de neige – a le mérite d’avoir été ponctuel, comme en effet on l’annonçait pour aujourd’hui et qu’il n’y a pas manqué ; sa venue fut d’autant plus théâtrale que les jours précédents avaient été calmes et lumineux.
7h30.
J’ouvre les rideaux : le ciel est gris, le vent semble assez fort, mais pas tant que ça. Le petit « météo média » en bas de l’écran de l’ordinateur indique qu’il fait -7° et qu’il tombe une « faible neige », ce qui est tout à fait faux, et d’ailleurs je m’offusque. Je m’en vais m’enfermer dans un amphithéâtre pour un examen.
8h30.
Le professeur de linguistique, dont la neige, en trente-trois ans de carrière, n’a jamais interrompu le moindre cours, arbore un grand sourire de vainqueur et distribue ses copies. « La tempête, c’est après mon cours, mais jamais pendant. »
10h00.
Je sors de mon examen en espérant découvrir, à travers la première fenêtre venue (mon amphithéâtre n’en avait pas) un gros tapis blanc et des gens emportés par les vents furieux ; mais, comme on s’en doute, il n’y avait rien à cette heure. Je sors, je note le bruit sec que font les feuilles mortes qui roulent sur le sol gelé, et les gens qui parlent ou jurent à propos d’une tempête qui doit s’être attardée dans une boutique-souvenirs à Montréal. Je vais à la bibliothèque.
Vers 12h40.
Deux ou trois flocons, puis rien ; et puis, deux ou trois à nouveau, mais suivis cette fois, et bientôt la musique se fait plus régulière, il commence à neiger, et de plus en plus fort.
Plus tard.
Le tapis se forme nonobstant.
Vers 16h00.
Je quitte la bibliothèque et veux rentrer chez moi ; évidemment, il est hors de question d’emprunter les couloirs souterrains. Dehors, la bordée m’arrive jusqu’aux chevilles, et parfois plus haut, comme le vent la rend irrégulière et forme des dunes à partir du moindre relief. Le vent est violent et glacial, plein de poudrerie, il faut marcher la tête baissée et chaque pas est un effort ; non loin de moi, une fille qui progresse aussi mal que moi, me voit et se met à rire, et c’est bien sûr contagieux. Il n’y a pourtant pas de raisons pour, sinon peut-être – elle est sans doute toute imaginaire – celle que nous en soyons tout coup là, à jouer les explorateurs polaires de seconde zone juste pour rentrer chez nous, alors qu’hier encore tout était vide, et la nature indifférente.
L’histoire de Proust n’est pas finie. Il est né au-dessus du Colorado, il a fait des orages et des tornades dans l'est des Etats-Unis, et il poursuit son développement monstrueux en déversant ses neiges et ses vents sur le Québec ; nous en reparlerons peut-être, et vous laissons sur un portrait de la bête.
Oh, quittons-nous plutôt sur un portrait de moi, parce qu'on ne m'a pas assez vu ici depuis un certain muffin, et parce que cela fait un prétexte pour ajouter là une image enneigée ; voici.
mardi 24 novembre 2009
Paraît qu'est classique, mais est ben bonne
Comment devient-on Québécois ?
(trouvé sur le toile.)
* * *
1er août.
Nous venons d'emménager dans notre nouvelle maison au Québec. C'est très beau ici. Les montagnes sont si majestueuses. J'ai très hâte de les voir recouvertes de neige.
1er octobre.
Québec est le plus bel endroit du monde. Les feuilles des arbres ont pris toutes les teintes possibles de rouge et d'orange. Nous sommes allés nous promener en montagne et nous avons vu des chevreuils. Quelles créatures gracieuses ! Ce sont certainement les plus beaux animaux de la création. Cet endroit est un paradis ! Je l'adore.
1er novembre.
La saison de chasse au chevreuil commence bientôt. Je ne peux pas croire qu'on puisse tuer un si bel animal. J'espère qu'il neigera bientôt.
J'aime tellement le Québec.
1er décembre.
Il a neigé hier soir. Nous nous sommes réveillés ce matin pour découvrir que tout était devenu blanc. On dirait une carte postale. Quelle vue fantastique. Nous sommes tous sortis et nous avons fait un combat de balles de neige. Quel bel endroit ! J'adore le Québec. J'ai pelleté la neige pour la première fois cette année et je me suis amusé comme un fou. J'ai pelleté le trottoir, l'entrée de la cour. Plus tard, la gratte est passée et a recouvert l'entrée de la cour avec de la neige compacte de la rue.
Le chauffeur m'a sourit et je lui ai envoyé la main en retour. Bah ! du diable ! Je n'ai qu'à seulement pelleter de nouveau l'entrée.
10 décembre.
Encore de la neige hier soir. C'est merveilleux ! La charrue nous a encore fait sa petite farce dans l'entrée. J'aime tellement le Québec !
13 décembre.
Le soleil a fait fondre presque toute la neige. Ah ! Je suis sûr que nous en aurons d'autres avant que ce merveilleux hiver soit fini.
14 décembre.
Il est tombé 8 pouces (25 cm) pendant la nuit et la température est descendue à -10. J'ai encore pelleté l'entrée et le trottoir.
Peu après, la gratte est repassée et a répété son même petit jeu.
15 décembre.
Encore de la neige hier soir. Je n'ai pas pu sortir de ma cour pour aller travailler. Je suis épuisé de pelleter. Crisse de charrue !
17 Décembre.
J'ai vendu l'auto et acheté un 4X4 Blazer pour que l'on puisse continuer se promener dans la neige. Je l'ai équipé de 4 pneus à neige.
18 décembre.
Je suis tombé sur le cul sur la glace noire dans l'entrée. J'ai laissé $123.00 au chiropracteur mais rien n'était brisé en fin de compte. Le crisse de ciel se couvre encore...
21 décembre.
Il est encore tombé de la marde blanche hier soir. J'ai des ampoules plein les mains à force de pelleter. Je crois que le gars de la charrue se cache dans un coin de la rue et attend que je finisse de pelleter. Le câlisse de chien.
23 décembre.
Encore frette en calvaire. -32 ce matin, routes glacées, conduite impossible; j'ai percuté une rampe de l'autoroute avec l'auto de ma femme. Probablement $2,000. de dommage. Elle est en tabarnak.
24 décembre.
On est assuré d'un Noël Blanc; parce qu'un autre 7 pouces nous est tombé dessus la nuit passée et avec cette calisse de basse température, elle fondera pas avant le mois d'août crisse ! Je me suis encore habillé pour sortir et pelleter c'te crisse de marde encore : bottes, jump-suit, foulard, cache-oreilles, gants... et pis la, j'ai eu envie de pisser !
25 décembre.
Joyeux sacrament de Noël ! Encore de la tabarnac de neige. Si je pogne l'enfant de chienne qui chauffe la gratte, j'y fais faire 100 pieds dans la neige en le tirant par les gosses (couilles). Je commence a penser qu'il se cache au coin de la rue et attend que je finisse de pelleter pour venir passer à 100 milles à l'heure devant mon entrée et garocher sa crisse de marde (juron très vulgaire) de la rue dans mon entrée de cour.
Je comprends pas pourquoi y mettent pas plus de calcium sur les routes pour faire fondre la glace.
26 décembre.
Ils prédisent 12 autres pouces de c'te sacrément crisse de marde blanche encore. Y a-t-il quelqu'un qui sait comment de Jésus-Christ, de pelletés de neige, 12 pouces, veulent dire.
Fuck le Père Noël! il a pas à pelleter le vieux Tabarnak. Le gars de la souffleuse est venu pour une donation. J'y ai calissé un coup de pelle dans la face, le crisse, je l'ai envoyé à l'hôpital dans les chambre 22, 23, 24, et 26. Les docteurs pensent qu'il va survivre.
27 décembre.
Encore de la marde blanche hier soir. Ça fait trois jours qu'on n'est pas sortis, sauf pour pelleter la tabarnac d'entrée à chaque fois que le câlisse de sale passe avec son hostie de charrue ! On peut pas aller nulle part. Le char est pris dans une montagne de calvaire de marde blanche. La madame de la météo dit qu'y va en tombé 10 pouces à soir.
28 décembre.
La gouine de la météo s'est encore trompé. On a eu 24 pouces de la câlisse de marde blanche. Si ça continue comme ça, ça sera pas fondu avant l'mois d'août ! La charrue est restée prise dans le banc de neige sur la route et l'hostie d'écœurant qui la conduit est venu frapper chez-nous pour demander s'il pouvait emprunter ma pelle. Après lui avoir dit que j'avais passé au travers 6 pelles pour pelleter tout la marde qu'il m'avait poussée dans l'entrée, j'y ai cassé la 7ième sur sa crisse de tête.
30 janvier.
On a fini par sortir de la maison aujourd'hui. On est allé au magasin pour acheter de quoi manger et en revenant un câlisse de chevreuil s'est braqué devant le char et je l'ai frappé. J'ai pour 3000$ de dommage.
Crisse de chevreuil ! Comment ça se fait que les hostie de chasseurs les ont pas tous tués au mois de novembre ?
1er mai.
J'ai emmené le char au garage en ville. Y'a ben des crisses de trous !
Le tabarnak de char est tout rouillé à cause de l'hostie de calcium qu'ils mettent partout dans les chemins.
30 mai.
On est déménagé en Floride. J'peux pas comprendre qu'il y a du monde assez innocent pour vouloir vivre dans une crisse d'enfer comme le Québec !
(trouvé sur le toile.)
* * *
1er août.
Nous venons d'emménager dans notre nouvelle maison au Québec. C'est très beau ici. Les montagnes sont si majestueuses. J'ai très hâte de les voir recouvertes de neige.
1er octobre.
Québec est le plus bel endroit du monde. Les feuilles des arbres ont pris toutes les teintes possibles de rouge et d'orange. Nous sommes allés nous promener en montagne et nous avons vu des chevreuils. Quelles créatures gracieuses ! Ce sont certainement les plus beaux animaux de la création. Cet endroit est un paradis ! Je l'adore.
1er novembre.
La saison de chasse au chevreuil commence bientôt. Je ne peux pas croire qu'on puisse tuer un si bel animal. J'espère qu'il neigera bientôt.
J'aime tellement le Québec.
1er décembre.
Il a neigé hier soir. Nous nous sommes réveillés ce matin pour découvrir que tout était devenu blanc. On dirait une carte postale. Quelle vue fantastique. Nous sommes tous sortis et nous avons fait un combat de balles de neige. Quel bel endroit ! J'adore le Québec. J'ai pelleté la neige pour la première fois cette année et je me suis amusé comme un fou. J'ai pelleté le trottoir, l'entrée de la cour. Plus tard, la gratte est passée et a recouvert l'entrée de la cour avec de la neige compacte de la rue.
Le chauffeur m'a sourit et je lui ai envoyé la main en retour. Bah ! du diable ! Je n'ai qu'à seulement pelleter de nouveau l'entrée.
10 décembre.
Encore de la neige hier soir. C'est merveilleux ! La charrue nous a encore fait sa petite farce dans l'entrée. J'aime tellement le Québec !
13 décembre.
Le soleil a fait fondre presque toute la neige. Ah ! Je suis sûr que nous en aurons d'autres avant que ce merveilleux hiver soit fini.
14 décembre.
Il est tombé 8 pouces (25 cm) pendant la nuit et la température est descendue à -10. J'ai encore pelleté l'entrée et le trottoir.
Peu après, la gratte est repassée et a répété son même petit jeu.
15 décembre.
Encore de la neige hier soir. Je n'ai pas pu sortir de ma cour pour aller travailler. Je suis épuisé de pelleter. Crisse de charrue !
17 Décembre.
J'ai vendu l'auto et acheté un 4X4 Blazer pour que l'on puisse continuer se promener dans la neige. Je l'ai équipé de 4 pneus à neige.
18 décembre.
Je suis tombé sur le cul sur la glace noire dans l'entrée. J'ai laissé $123.00 au chiropracteur mais rien n'était brisé en fin de compte. Le crisse de ciel se couvre encore...
21 décembre.
Il est encore tombé de la marde blanche hier soir. J'ai des ampoules plein les mains à force de pelleter. Je crois que le gars de la charrue se cache dans un coin de la rue et attend que je finisse de pelleter. Le câlisse de chien.
23 décembre.
Encore frette en calvaire. -32 ce matin, routes glacées, conduite impossible; j'ai percuté une rampe de l'autoroute avec l'auto de ma femme. Probablement $2,000. de dommage. Elle est en tabarnak.
24 décembre.
On est assuré d'un Noël Blanc; parce qu'un autre 7 pouces nous est tombé dessus la nuit passée et avec cette calisse de basse température, elle fondera pas avant le mois d'août crisse ! Je me suis encore habillé pour sortir et pelleter c'te crisse de marde encore : bottes, jump-suit, foulard, cache-oreilles, gants... et pis la, j'ai eu envie de pisser !
25 décembre.
Joyeux sacrament de Noël ! Encore de la tabarnac de neige. Si je pogne l'enfant de chienne qui chauffe la gratte, j'y fais faire 100 pieds dans la neige en le tirant par les gosses (couilles). Je commence a penser qu'il se cache au coin de la rue et attend que je finisse de pelleter pour venir passer à 100 milles à l'heure devant mon entrée et garocher sa crisse de marde (juron très vulgaire) de la rue dans mon entrée de cour.
Je comprends pas pourquoi y mettent pas plus de calcium sur les routes pour faire fondre la glace.
26 décembre.
Ils prédisent 12 autres pouces de c'te sacrément crisse de marde blanche encore. Y a-t-il quelqu'un qui sait comment de Jésus-Christ, de pelletés de neige, 12 pouces, veulent dire.
Fuck le Père Noël! il a pas à pelleter le vieux Tabarnak. Le gars de la souffleuse est venu pour une donation. J'y ai calissé un coup de pelle dans la face, le crisse, je l'ai envoyé à l'hôpital dans les chambre 22, 23, 24, et 26. Les docteurs pensent qu'il va survivre.
27 décembre.
Encore de la marde blanche hier soir. Ça fait trois jours qu'on n'est pas sortis, sauf pour pelleter la tabarnac d'entrée à chaque fois que le câlisse de sale passe avec son hostie de charrue ! On peut pas aller nulle part. Le char est pris dans une montagne de calvaire de marde blanche. La madame de la météo dit qu'y va en tombé 10 pouces à soir.
28 décembre.
La gouine de la météo s'est encore trompé. On a eu 24 pouces de la câlisse de marde blanche. Si ça continue comme ça, ça sera pas fondu avant l'mois d'août ! La charrue est restée prise dans le banc de neige sur la route et l'hostie d'écœurant qui la conduit est venu frapper chez-nous pour demander s'il pouvait emprunter ma pelle. Après lui avoir dit que j'avais passé au travers 6 pelles pour pelleter tout la marde qu'il m'avait poussée dans l'entrée, j'y ai cassé la 7ième sur sa crisse de tête.
30 janvier.
On a fini par sortir de la maison aujourd'hui. On est allé au magasin pour acheter de quoi manger et en revenant un câlisse de chevreuil s'est braqué devant le char et je l'ai frappé. J'ai pour 3000$ de dommage.
Crisse de chevreuil ! Comment ça se fait que les hostie de chasseurs les ont pas tous tués au mois de novembre ?
1er mai.
J'ai emmené le char au garage en ville. Y'a ben des crisses de trous !
Le tabarnak de char est tout rouillé à cause de l'hostie de calcium qu'ils mettent partout dans les chemins.
30 mai.
On est déménagé en Floride. J'peux pas comprendre qu'il y a du monde assez innocent pour vouloir vivre dans une crisse d'enfer comme le Québec !
lundi 26 octobre 2009
A propos de la neige
On ne s’ennuie pas de dire qu’il y a quelque chose de tout à fait factice dans un paysage enneigé, que la neige, trop blanche, trop vierge, en cela sonne faux, voire : en cela n’est pas crédible – comme si, en quelque sorte, on trouvait peu ludique de penser que tout ce qui est dans la nature, par le seul fait d’y être, est naturel.
Dois-je avouer que je ne suis pas tout à fait froid à ce sentiment de toc.
Donc, pour apporter mon flocon à l’hivernal bavardage, je dirais qu’il vient de ce que la neige réfléchit trop la lumière, c’est-à-dire : d’une façon abusive par rapport aux objets qui l’entourent. En effet, on voit qu’elle veut toujours être la première et la dernière à briller quand le soleil se pointe ou décroit, et quand il est à son midi, ses radiations nous éblouissent et nous font rechercher les ombrages qui la bleutent.
Par contraste, elle reste étrangère au monde qu’elle prétend recouvrir, et l’harmonie s’en trouve rompue, le paysage faisant dès lors comme une vaste sculpture toute de détails et de nuances sur laquelle on aurait renversé un gros pot de peinture blanche; et alors, quand bien même la couche parasite s’immisce dans les creux et veut s’approprier les formes, elle ne parvient jamais qu’à s’y superposer vulgairement : tout sous elle croule, s’incline, se fige. Indiscrète, elle aspire à l’approbation du passant, mais ne parvient jamais que le choquer – que cette émotion prenne la forme d’un épanchement libidinal chez les enfants ou d’une indignation outrée chez l'esthète.
Oui, la neige est romantique : c’est-à-dire qu’elle est excessive, d’une beauté toute effusive et douteuse, facile et suborneuse.

Sauf que j’aime bien cette fausseté, justement, cet échec de la neige; c’est ce qui fait son petit charme triste. On dirait un fantôme qui aurait réussi à se substantifier, mais sous une forme grossière – d’où sa virginité – et qui ne parviendrait pas à rejoindre définitivement le monde des vivants, trahie par son rayonnement surnaturel et, très légèrement (juste de quoi rendre le sentiment grisant, en fait) inquiétant.
J’ajouterais aussi une possible banalité, qui est que la neige, comme elle recouvre la saleté et la vieillesse du monde, nous le rend temporairement pur, fraîchement né, sans histoire, et nous offre ainsi le plaisir d’être le premier à le souiller – ou bien, si l’on est d’une âme plus vertueuse, ou baudelairienne, de le contempler dans sa beauté originelle, de derrière la vitre, avec le chocolat chaud qu’on sait, etc.
En même temps, il serait bien étrange d’associer cette dernière posture à la vertu, puisque dans cette idée se retrouve encore l’idée de fausseté, déplacée certes de la neige à son effet, mais bien présente : la preuve en est dans les pays qui négligent leur hygiène urbaine, comme la France, où il y a toujours à craindre, quand on marche dans la rue, que la neige ne dissimule certaine plaisanterie canine.
Mais si la neige, irrémédiablement nous paraît spécieuse, c’est peut-être aussi qu’elle est la seule chose vraie ici-bas, et que c’est tout ce sur quoi elle consent à se poser qui est de mauvais goût : la neige serait ainsi l’occasionnelle révélation du caractère fondamentalement kitch du monde, en même temps que son voile providentiel, susceptible d’initier les purs esprits au Beau du Vrai du Beau.
(Laissez-moi vous rassurer : c’était pour terminer par une cavillation digne des qualités qu’on attribue à son objet. Même si…)
Donc, pour apporter mon flocon à l’hivernal bavardage, je dirais qu’il vient de ce que la neige réfléchit trop la lumière, c’est-à-dire : d’une façon abusive par rapport aux objets qui l’entourent. En effet, on voit qu’elle veut toujours être la première et la dernière à briller quand le soleil se pointe ou décroit, et quand il est à son midi, ses radiations nous éblouissent et nous font rechercher les ombrages qui la bleutent.
Par contraste, elle reste étrangère au monde qu’elle prétend recouvrir, et l’harmonie s’en trouve rompue, le paysage faisant dès lors comme une vaste sculpture toute de détails et de nuances sur laquelle on aurait renversé un gros pot de peinture blanche; et alors, quand bien même la couche parasite s’immisce dans les creux et veut s’approprier les formes, elle ne parvient jamais qu’à s’y superposer vulgairement : tout sous elle croule, s’incline, se fige. Indiscrète, elle aspire à l’approbation du passant, mais ne parvient jamais que le choquer – que cette émotion prenne la forme d’un épanchement libidinal chez les enfants ou d’une indignation outrée chez l'esthète.
Oui, la neige est romantique : c’est-à-dire qu’elle est excessive, d’une beauté toute effusive et douteuse, facile et suborneuse.
Sauf que j’aime bien cette fausseté, justement, cet échec de la neige; c’est ce qui fait son petit charme triste. On dirait un fantôme qui aurait réussi à se substantifier, mais sous une forme grossière – d’où sa virginité – et qui ne parviendrait pas à rejoindre définitivement le monde des vivants, trahie par son rayonnement surnaturel et, très légèrement (juste de quoi rendre le sentiment grisant, en fait) inquiétant.
J’ajouterais aussi une possible banalité, qui est que la neige, comme elle recouvre la saleté et la vieillesse du monde, nous le rend temporairement pur, fraîchement né, sans histoire, et nous offre ainsi le plaisir d’être le premier à le souiller – ou bien, si l’on est d’une âme plus vertueuse, ou baudelairienne, de le contempler dans sa beauté originelle, de derrière la vitre, avec le chocolat chaud qu’on sait, etc.
En même temps, il serait bien étrange d’associer cette dernière posture à la vertu, puisque dans cette idée se retrouve encore l’idée de fausseté, déplacée certes de la neige à son effet, mais bien présente : la preuve en est dans les pays qui négligent leur hygiène urbaine, comme la France, où il y a toujours à craindre, quand on marche dans la rue, que la neige ne dissimule certaine plaisanterie canine.
Mais si la neige, irrémédiablement nous paraît spécieuse, c’est peut-être aussi qu’elle est la seule chose vraie ici-bas, et que c’est tout ce sur quoi elle consent à se poser qui est de mauvais goût : la neige serait ainsi l’occasionnelle révélation du caractère fondamentalement kitch du monde, en même temps que son voile providentiel, susceptible d’initier les purs esprits au Beau du Vrai du Beau.
(Laissez-moi vous rassurer : c’était pour terminer par une cavillation digne des qualités qu’on attribue à son objet. Même si…)
dimanche 11 octobre 2009
L'hydrométéore fortuit
Tout le dimanche avait été venteux, mais les choses prirent soudain une véhémence telle qu’il eut été dommage de ne pas avoir choisi cette heure pour sortir.
Pis là on peut voir un tout petit peu les flocons tomber.
Je suivais alors une allée du campus, celle qui traverse la petite forêt, quand je vis à une dizaine de mètres devant mois, là où le bois s’éclaircit, les arbres se cabrer, des nuées passer au dessus du sol en brouillards rapides, puis une épaisse et diarrhéique marée de feuilles mortes envahir les dalles et noyer la pelouse, poussée par un vent puissant et vagissant qui, parce que l’air autour de moi n’avait pas cette ardeur, me paraissait plutôt comme une force maligne et rampante.
J’atteignis bientôt ce segment et m’amusai de ne pas réussir à garder mon équilibre, et de peiner dans ma progression, tant en effet le souffle était fort ; sans doute était-il amplifié par la longue et large plaine qui sépare ce côté de l’université en deux ensembles de bâtisses.
Les nuées violemment emportées me fouettaient le visage, et ce n’était pas de la pluie ; quand le vent retomba, on pu distinctement voir qu’il neigeait.
Québec voyait sa première neige ! Imbécile heureux, je me précipitai dans la chambre pour annoncer ma joie à qui était en ligne, et pour trouver ma caméra, avant de me rappeler que j’en avais vidé la batterie la veille.
Je suis ressorti, pour voir jusqu’à son terme ce spectacle inlassable, dont j’avais eu la chance de vivre l’exorde indécise puis le plein développement ; entre temps, le ciel s’était teinté d’un orange radical, peut-être l’effet du crépuscule voilé par ces précipitations douces et glacées. Elles ne durèrent pas, bien sûr : cinq minutes après, il n’y avait plus rien.
J’atteignis bientôt ce segment et m’amusai de ne pas réussir à garder mon équilibre, et de peiner dans ma progression, tant en effet le souffle était fort ; sans doute était-il amplifié par la longue et large plaine qui sépare ce côté de l’université en deux ensembles de bâtisses.
Les nuées violemment emportées me fouettaient le visage, et ce n’était pas de la pluie ; quand le vent retomba, on pu distinctement voir qu’il neigeait.
Québec voyait sa première neige ! Imbécile heureux, je me précipitai dans la chambre pour annoncer ma joie à qui était en ligne, et pour trouver ma caméra, avant de me rappeler que j’en avais vidé la batterie la veille.
Je suis ressorti, pour voir jusqu’à son terme ce spectacle inlassable, dont j’avais eu la chance de vivre l’exorde indécise puis le plein développement ; entre temps, le ciel s’était teinté d’un orange radical, peut-être l’effet du crépuscule voilé par ces précipitations douces et glacées. Elles ne durèrent pas, bien sûr : cinq minutes après, il n’y avait plus rien.
Pis là on peut voir un tout petit peu les flocons tomber.
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