Affichage des articles dont le libellé est Sherbrooke. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sherbrooke. Afficher tous les articles
mercredi 28 octobre 2009
samedi 10 octobre 2009
Sherbrooke [jour]
La traversée du pont Jacques Cartier en fut la première étape.
Je trouvai là quelques vertiges, non que le pont fût très haut, mais j’ai trop vite remarqué, en fait, qu’il était possible de se glisser entre la route et la barrière pour tomber dans le fleuve, et cette imagination, stupide s’il en est, suffit à gâter mon passage.
Mon idée subsidiaire était de tirer profit ma vigueur matinale pour folâtrer un peu dans le bois du mont de Bellevue, jusqu’à en trouver le sommet, que j’avais vu de l’autre rive joliment chapeauté d’un plat nuage. Je m’y suis bien promené, mais je n’en ai jamais atteint le sommet ; je crois que le réseau de sentier dans lequel je m’étais engagé n’y menait juste pas. M’enfin, j'y aurais au moins appris à faire abstraction des écureuils, et découvert quelques animaux inconnus : notamment, un oiseau qui poinçonnait frénétiquement les arbres comme un pic-vert, mais qui était blanc et noir, ainsi qu'une sorte de petite mouche d’un bleu étonnamment clair et qui ne s’ennuyait pas de stagner dans l’air au milieu du chemin.
En montant, j’ai atteint le brouillard, qui donnait aux grands troncs des allures de forêt allemandes pour pochette de disque de musique classique – Schubert, sans doute.
Là, je me suis fait piquer du sang par de nombreux moustiques.
Je voulais absolument passer à nouveau dans le centre-ville, comme un lieu n’est jamais le même si, après l’avoir découvert de nuit, on y revient sous une lumière diurne. Tout m’apparut ainsi plus coloré ; les architectures s’enrichirent de détails, le Granada me révéla des charmes crémeux. Seul n’avait pas changé le désert des rues… Il faut dire aussi que c’était un dimanche matin, et que la ville est étudiante.
Je ne suis pas retourné dans le Subway, lui préférant un endroit qui n’avait, malheureusement, de donuts que dans le nom.
Plus tard, je suis me promené un peu le long de la rivière où sont les nombreux ponts qui s’étaient changés en montagnes russes dans la nuit. L’endroit était vraiment charmant ! Le locus amoenus par excellence. Vraiment, il n’y manquait que le chevalet du peintre romantique et le couple d’amoureux secrets, cachant là leurs sentiments qu’un sinistre père viendrait bientôt contraindre.
Des souvenirs s’emmêlaient à ma rêverie. L’eau calme à l’aspect profond, les talus et les petites falaises sombres aux sédiments apparents, me rappelaient des promenades familiales aux ardoisières, et l’orange vif des arbres faisaient tout à fait comme « la pomme » d’un poème que m’a fait découvrir Janine, « si rouge que le ciel autour d’elle avivait son bleu trop doux » - le jour, en effet, était magnifique. L’amoenus, je disais.
Tout s’est terminé au carrefour de l’Estrie, centre d’achat où je suis arrivé trop tôt par crainte d’y arriver trop tard, comme toujours – j’avais rendez-vous à cet endroit avec la voiture du retour. Je m’y suis considérablement ennuyé, apprenant les marques des voitures pour être en mesure d'identifier la « Honda Civic argent », et observant la progression d’un gigantesque nuage blanc. Je me demandais si, Geoffrey ici, j’aurais été capable de déclarer avec assurance que c’était là un cumulo-nimbus. Et puis, je me suis engouffré dans l’affreux complexe, mais une heure plus tard, en ressortant, je trouvai un ciel noir, une pluie battante et de sourds grondements. Je me suis alors dit que j’aurais dû pousser le jeu jusqu’au bout et y mêler un peu d’argent.
Je trouvai là quelques vertiges, non que le pont fût très haut, mais j’ai trop vite remarqué, en fait, qu’il était possible de se glisser entre la route et la barrière pour tomber dans le fleuve, et cette imagination, stupide s’il en est, suffit à gâter mon passage.
Mon idée subsidiaire était de tirer profit ma vigueur matinale pour folâtrer un peu dans le bois du mont de Bellevue, jusqu’à en trouver le sommet, que j’avais vu de l’autre rive joliment chapeauté d’un plat nuage. Je m’y suis bien promené, mais je n’en ai jamais atteint le sommet ; je crois que le réseau de sentier dans lequel je m’étais engagé n’y menait juste pas. M’enfin, j'y aurais au moins appris à faire abstraction des écureuils, et découvert quelques animaux inconnus : notamment, un oiseau qui poinçonnait frénétiquement les arbres comme un pic-vert, mais qui était blanc et noir, ainsi qu'une sorte de petite mouche d’un bleu étonnamment clair et qui ne s’ennuyait pas de stagner dans l’air au milieu du chemin.
En montant, j’ai atteint le brouillard, qui donnait aux grands troncs des allures de forêt allemandes pour pochette de disque de musique classique – Schubert, sans doute.
Là, je me suis fait piquer du sang par de nombreux moustiques.
Je ne suis pas retourné dans le Subway, lui préférant un endroit qui n’avait, malheureusement, de donuts que dans le nom.
Plus tard, je suis me promené un peu le long de la rivière où sont les nombreux ponts qui s’étaient changés en montagnes russes dans la nuit. L’endroit était vraiment charmant ! Le locus amoenus par excellence. Vraiment, il n’y manquait que le chevalet du peintre romantique et le couple d’amoureux secrets, cachant là leurs sentiments qu’un sinistre père viendrait bientôt contraindre.
Des souvenirs s’emmêlaient à ma rêverie. L’eau calme à l’aspect profond, les talus et les petites falaises sombres aux sédiments apparents, me rappelaient des promenades familiales aux ardoisières, et l’orange vif des arbres faisaient tout à fait comme « la pomme » d’un poème que m’a fait découvrir Janine, « si rouge que le ciel autour d’elle avivait son bleu trop doux » - le jour, en effet, était magnifique. L’amoenus, je disais.
jeudi 8 octobre 2009
Sherbrooke [nuit]
La route fut aussi parfaitement droite que celle qui va à Montréal.
D’heure en heure, des forêts défilent sur de faibles montagnes ; régulièrement, il y a un village dont on voit davantage l’annonce que la forme, et puis des motels, qui disent : « vous êtes en Amérique du nord ! »
Enfin, tout à coup, le moteur s’arrête et vous êtes devant l’Université de Sherbrooke. L’absence de transition entre la nature et la ville est si totale qu’il faut entrer assez loin dans ville pour s’y sentir vraiment ; c'est dire alors que la transition ne commence que dans la ville elle-même : on traverse d’abord de larges quartiers pavillonnaires, boursouflés de bosquets et de parcs, et puis la brique remplace le bois, les constructions se serrent et c’est le centre-ville. (C’est du moins l’impression que mon trajet m’a fourni, j’ai vu une zone industrielle au loin pour des entrées moins bucoliques.)
Peut-être l’idée d’avoir un toit redonna-t-elle ses charmes à celle d'errance noctambule, car j’ai finalement donné à la ville une bonne part de ma nuit, plutôt heureux, je crois, de la découvrir déserte et silencieuse, sous la pluie intermittente et la lumière artificielle.
L’eau sur mes lunettes la rendait nébuleuse, ajoutant une inquiétude à celle d’être seul dans l’inconnu et dans le noir. Je cherchais le théâtre du Granada, sans autre raison que la photo d’un ami, et l’idée d’aller au même endroit à des mois d’intervalle, et pour cela je descendais la rue Wellington. Mais au fur et à mesure de ma progression la ville se mourrait, s’épuisaient en architectures moins définies.
J’ai rebroussé chemin et je suis entré dans un SubWay, celui qui est au croisement des rues King et Wellington (la ville s’organise à partir de ces deux axes). Un vieux à casquette, qui se tenait planté devant l’entrée et sous la pluie la première fois que je suis passé devant, y était à présent installé. Une unique employée jouissait du vide des lieux pour paresser un peu, et plus tard, je remarquai la présence de deux adolescentes qui terminaient de manger. Sous la logorrhée radiophonique, le tableau avait quelque chose de stéréotypé et de fascinant, on l’eut peut-être trouvé dans un Lynch ou un Hopper arrangé pour l’occasion.
Il n’a fallut que sortir pour apercevoir le titre blanc et lumineux du Granada.
Savoir que je dormais sous le toit d’un étranger total eut dû me fournir une belle insomnie, mais il n’en fut rien ; il faut dire que j’avais beaucoup marché et que les gibbosités de Sherbrooke valent bien celles de Québec. De cette balade nocturne, je garderais peut-être deux choses surtout : les peintures murales et les trompe-l’œil se révélant tout à coup, au détour d’une rue, ainsi que les ponts divers aux dessus des remous noirs aux écumes légèrement luisantes, ponts se sont mués plus tard, dans mon sommeil, en atroces montagnes russes – ce qui, probablement, fut le tribut requis pour que l’insomnie se taise.
* Il faut atténuer la chose en précisant qu'il y avait peu de chances que les hôtels soient complets. Le coût en revanche aurait été important.
L’eau sur mes lunettes la rendait nébuleuse, ajoutant une inquiétude à celle d’être seul dans l’inconnu et dans le noir. Je cherchais le théâtre du Granada, sans autre raison que la photo d’un ami, et l’idée d’aller au même endroit à des mois d’intervalle, et pour cela je descendais la rue Wellington. Mais au fur et à mesure de ma progression la ville se mourrait, s’épuisaient en architectures moins définies.
J’ai rebroussé chemin et je suis entré dans un SubWay, celui qui est au croisement des rues King et Wellington (la ville s’organise à partir de ces deux axes). Un vieux à casquette, qui se tenait planté devant l’entrée et sous la pluie la première fois que je suis passé devant, y était à présent installé. Une unique employée jouissait du vide des lieux pour paresser un peu, et plus tard, je remarquai la présence de deux adolescentes qui terminaient de manger. Sous la logorrhée radiophonique, le tableau avait quelque chose de stéréotypé et de fascinant, on l’eut peut-être trouvé dans un Lynch ou un Hopper arrangé pour l’occasion.
Il n’a fallut que sortir pour apercevoir le titre blanc et lumineux du Granada.
* Il faut atténuer la chose en précisant qu'il y avait peu de chances que les hôtels soient complets. Le coût en revanche aurait été important.
Inscription à :
Articles (Atom)
